Logo de la Société des Membres de la Légion d'Honneur Ruban de la Société des Membres de la Légion d'Honneur
Section du Lot et Garonne

Photographie du dernier reportage des figures

Étienne de Lacépède
Le Lot-et-Garonne est très fier d'avoir vu naître, à Agen, le 26 décembre 1756, Étienne de La Ville sur Illion, comte de Lacépède, fils du lieutenant-général de la sénéchaussée d'Agen.
Le jeune Étienne a reçu une solide instruction générale. Dans un premier temps il s'est consacré à la musique, tant comme instrumentaliste que comme compositeur. Il correspond avec Glück, mais aussi avec Buffon. Présenté à la Cour en 1776, il rencontre Voltaire et diverses personnalités des sciences et des arts. Après deux années passées en Allemagne du sud, il revient à Paris, prend des leçons de musique avec Gossec, de chimie avec Darvel, écrit un ouvrage de physique, un autre d'électricité, et une «Poétique de la musique» qui connaît un grand retentissement en Europe.
Cependant, il se rapproche de plus en plus de Buffon et des sciences naturelles. En 1783, la mort de son père le ramène à Agen, mais en 1784, Buffon sentant la mort approcher demande à son jeune disciple de venir l'aider à terminer son «Histoire naturelle». Une place réservée au «Jardin du Roi» va lui permettre de se consacrer à la recherche et à l'enseignement. C'est ainsi qu'en 1788, Lacépède publie son premier ouvrage sur les quadrupèdes ovipares et les serpents, ayant acquis une place éminente et respectée au sein des milieux scientifiques dont il fait partie.
En octobre 1791 il est élu à Paris à l'Assemblée législative dont il assure la présidence du 28 novembre au 9 décembre. Il s'éloigne de Paris pendant la Terreur et s'installe près de Brétigny-sur-Orge où il reprend ses travaux scientifiques. Il est considéré comme un des meilleurs naturalistes de son temps et poursuit l'oeuvre de Buffon (le dernier volume paraîtra en 1805).
Sous le Directoire, il est élu par les parisiens au Conseil des Cinq-Cents. Il fait la connaissance du général Bonaparte. Après le coup d'état du 18 brumaire an 8 (9 novembre 1799), le Premier Consul crée la Légion d'honneur le 29 floréal an 10 (19 mai 1802).
Le 3 fructidor an 12 (21 août 1803) il nomme Étienne de Lacépède «Grand Chancelier de la Légion d'honneur». Celui-ci abandonne ses recherches et l'enseignement pour se consacrer uniquement à sa tâche de Grand chancelier jusqu'à la fin de l'Empire : rédaction des textes d'application de la loi du 29 floréal, procès-verbaux des séances du Grand Conseil, aide aux légionnaires nécessiteux, création du comité de consultation de la Légion d'honneur, admission des étrangers dans la Légion d'honneur, désignation définitive des chefs-lieux des cohortes, description et conditions de port de la décoration, développement des Maisons d'Éducation voulues par Napoléon en faveur des filles de légionnaires.
Au retour de l'Empereur à Paris, en avril 1815, le comte de Lacépède retrouve son fauteuil de Grand chancelier, mais, le 2 juillet suivant, il cède définitivement la place au maréchal Macdonald, duc de Tarente.
Il se retire à Épinay-sur-Seine où il compose une monumentale «Histoire générale physique et civile de l'Europe depuis les dernières années du Vème siècle jusque vers le milieu du XVIIIème», ouvrage en dix-huit volumes publié après sa mort. Il rédige également «Les âges de la nature et l'histoire de l'espèce humaine», ainsi que des romans dont le premier est intitulé «Ellival et Caroline».
En 1819, Louis XVIII crée soixante nouveaux pairs de France choisis parmi d'anciens serviteurs de l'Empire : le comte de Lacépède fait partie de cette promotion et siègera donc à la Chambre des Pairs.
Il décède en 1825. Lors de ses obsèques, Geoffroy-Saint-Hilaire, professeur au Jardin du Roi et Chaptal, au nom de l'Académie de Sciences et de la Chambre des Pairs soulignent dans leurs discours les exceptionnelles et attachantes qualités humaines du défunt.

D'après l'ouvrage «Les premiers membres de la Légion d'honneur du Lot-et-Garonne» de Pierre ALLOUIS (1926/2008) Saint-cyrien, membre de la Société académique des Sciences Lettres et Arts d'Agen.


Retourner à l'historique des reportages de figures locales



  © SMLH - 2016