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Section du Lot et Garonne

Adoptez un Illustre !

La ville d'Agen, en partenariat avec la Fondation du Patrimoine, la DRAC Nouvelle Aquitaine, le département de Lot-et-Garonne et la SMLH 47, lance un appel à don pour la restauration des tableaux monumentaux qui décorent la salle des Illustres de la mairie d'Agen.
L'Hôtel de Ville d'Agen abrite une salle des Illustres dont l'essentiel du décor est constitué d'un ensemble de dix portraits en pied de personnalités au format monumental. Cette galerie d'hommes illustres présente un intérêt historique par le choix des personnages retenus. Elle reflète les aspirations d'une époque à la recherche de figures locales héroïques et exemplaires.
Commandé par le maire Jean-Baptiste Durand en 1885 (chevalier de la Légion d'honneur par décret du 8 juin 1886) à l'artiste lot-et-garonnais Antoine Calbet, l'ensemble présente aussi un intérêt esthétique et patrimonial. C'est l'un des principaux peintres du Lot-et-Garonne de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Participez à la restauration des tableaux des Illustres en effectuant un don en ligne sur le site de la Fondation du Patrimoine:
Vous pouvez soit copier dans votre navigateur l'adresse www.fondation-patrimoine.org/les-projets/tableaux-de-la-salle-des-illustres-a-agen , soit vous rendre à notre rubrique "Liens utiles" où vous pourrez, d'un simple clic, vous connecter à ce site.


Antoine Calbet (chevalier de la Légion d'honneur par décret du 16 août 1900, promu officier de la Légion d'honneur par décret du 12 janvier 1935) mena de front une carrière de peintre et d'illustrateur. On peut voir ses panneaux décoratifs au plafond du théâtre d'Agen et au buffet de la gare de Lyon à Paris (le célèbre restaurant « Le train bleu »). Il décède à Paris en 1944.
Demeurées à leur emplacement d'origine depuis 130 ans, les toiles de la Salle des Illustres, frappent les visiteurs qui peuvent librement accéder à cet espace, à commencer par les Agenais, très attachés à ce décor. En 2017, l'ensemble des toiles a été inscrit au titre de la protection des Monuments historiques, ce qui en fait un ensemble à caractère exceptionnel.

Parmi les Illustres représentés sur ces tableaux, plusieurs sont titulaires de la Légion d'honneur :

Jean-Gérard Lacuée, Comte de Cessac (1752-1841)
Jean-Gérard Lacuée, est né à Lamassas, paroisse de St Just, près de Hautefage-la-Tour, le 4 novembre 1752. Fils de Jean Chrysostôme de Lacuée, conseiller du Roi au présidial d'Agen, il est co-fondateur de la Société Académique d'Agen et mène de front une carrière militaire et politique. En 1791, il est procureur général-syndic du département de Lot-et-Garonne. Élu député à l'Assemblée Législative, il en est le président en avril 1792. En 1793, général de brigade, chef d'état-major des douze armées des Pyrénées, il est accusé de « fédéralisme » devant le Comité de Salut public. Le 15 thermidor an III, il est chargé de diriger les opérations du ministère de la Guerre. Le 1er vendémiaire an IV, il est élu par le Lot-et-Garonne au Conseil des Anciens. Il passe ensuite au Conseil des Cinq-Cents en 1798.
Le 19 Brumaire, il se rallie au Premier consul. Il est alors nommé conseiller d'État, gouverneur de Polytechnique, membre de l'Institut. Le 9 vendémiaire an XII il reçoit la Légion d'honneur. Élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur le 14 juin 1804, il est général de division en 1806 et ministre d'État à vie en 1807. Il se marie en 1809 et est nommé ministre directeur de l'administration de la Guerre en 1810.
Il s'oppose à plusieurs reprises à la guerre contre la Russie et démissionne en 1813. Après l'abdication de Napoléon, il accepte de Louis XVIII une inspection d'infanterie. Lieutenant général des armées du Roi, il est élevé à la dignité de Grand Croix de la Légion d'honneur le 2 février 1809. Il est maintenu à l'Académie française lors de sa réorganisation en 1816. Sous la Restauration, il s'éloigne de la scène politique et ne reparaît qu'en 1831 comme Pair de France.
En décembre 1840, il assiste au retour des cendres de Napoléon et meurt le 14 juin 1841.

Étienne de Laville-sur-Illon, Comte de Lacépède (1756-1825)
Étienne de Laville-sur-Illon est né dans la paroisse de Saint-Hilaire d'Agen le 26 décembre 1756. Fils du lieutenant-général de la Sénéchaussée d'Agen, il passe sa jeunesse sur les coteaux de St Cirq avant de suivre les cours du collège des Jésuites d'Agen depuis la nouvelle maison acquise par son père sur la Plateforme (devenue en 1975 la bibliothèque municipale). Il s'intéresse très tôt à l'histoire naturelle et à la musique. Il crée à Agen la Société Académique en 1776, s'installe la même année à Paris et y demeure jusqu'à sa retraite.
Fils spirituel de Buffon, il devient professeur au Muséum, membre de l'Institut. Il classe et catalogue les collections du Jardin du Roi, et complète et achève l'Histoire naturelle de Buffon.
Partisan des idées de la Révolution, il est député extraordinaire d'Agen à l'Assemblée Constituante, puis, en 1791, député de Paris à l'Assemblée Législative qu'il préside du 28 novembre au 9 décembre 1791.
Sous la Convention, sa modération le rend suspect et il se réfugie avec des amis à Montlhéry où il se marie.
En 1795, il est rappelé pour diriger le Muséum et admis à l'Institut.
Sous le Directoire, il est élu au Conseil des Cinq-Cents. Remarqué par Bonaparte, il fait partie des premiers sénateurs de l'An VIII. Après le coup d'état du 18 brumaire an VIII, le Premier consul crée la Légion d'honneur le 29 floréal an X (19 mai 1802) et le nomme grand chancelier de la Légion d'honneur le 3 fructidor an XII (21 août 1803) et ministre d'État l'année suivante.
Rallié à Louis XVIII, puis aux Cent-Jours, il renonce définitivement à la politique après Waterloo.
Retiré à Epinay/Seine, près d'Enghien, auprès de sa femme et de ses enfants, il partage son temps entre l'Institut et des publications scientifiques. En 1819, Louis XVIII le nomme Pair de France et il siègera à la Chambre des Pairs.
Victime de l'épidémie de variole, il meurt en 1825 et est inhumé au cimetière d'Epinay.

Jean-Cirus-Marie-Adélaïde de Timbrune Thiembrone, comte de Valence (1757-1822)
Jean-Cirus-Marie-Adélaïde de Timbrune Thiembrone, comte de Valence, est né le 22 septembre 1757 à Agen d'une famille originaire de l'Artois, implantée en Agenais au XVème siècle.
A dix-sept ans, il entre à l'école d'artillerie de Strasbourg. En 1778, il est capitaine au Royal-Cavalerie, puis aide de camp du maréchal comte de Vaux. En 1784, il est colonel en second au régiment de Bretagne.
Attiré à la Cour, il épouse la fille cadette de madame de Genlis, célèbre femme de lettres. Promu écuyer du duc d'Orléans, il est nommé colonel au régiment de Chartres dragons
Au moment de la Révolution de 1789, il est élu député suppléant de la noblesse aux États Généraux. Il commande les Gardes nationales de la Sarthe. En 1791, il est maréchal de camp dans l'armée du Rhin, puis à la tête des Grenadiers.
Promu lieutenant général en 1792, Timbrune-Valence est à Valmy. Général en chef de l'armée des Ardennes en 1792, il reçoit la capitulation de Namur et seconde Dumouriez dans la campagne de Belgique. Il se distingue en 1793 à Neerwinden où il est gravement blessé en chargeant à la tête de la cavalerie.
Désapprouvant les excès de la Révolution, il doit fuir et se réfugie à Londres, puis en Amérique avant de revenir en Europe.
Le Premier consul le fait revenir après le 18 brumaire. Sénateur de la Haute Marne en 1803, il est engagé dans les guerres de l'Empire.
Sénateur depuis 1805, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1805, promu officier le 3 octobre 1809 puis commandeur le 30 juin 1811 et élevé à la dignité de Grand officier de la Légion d'honneur le 6 janvier 1815. Il signe cependant la déchéance de l'Empereur après les Cent-Jours. Pair de France sous la Restauration, il meurt à Paris le 4 février 1822.

Jacques Boé, dit Jasmin (1798-1864)
Fils de tailleur et né à Agen le 16 ventôse an VI (6 mars 1798), Jacques Boé fait ses études au petit séminaire puis son apprentissage de coiffeur et s'installe comme perruquier sur le Gravier. A vingt ans, en 1818, il épouse Anne-Marie Barrère, dite Magnounet, dont il aura un fils, Édouard.
Son goût de la lecture l'amène à écrire lui-même. Il récite à sa clientèle agenaise ses poésies, jusqu'au jour où Charles Nodier (écrivain, romancier et académicien), entré par hasard dans sa boutique, l'entend et lui ouvre les portes des salons de Paris. Sa réputation l'amène à participer sans cesse à des festivals dans une trentaine de villes de France, le produit de ces soirées allant à des oeuvres de bienfaisance.
En 1842, il est reçu à Paris par le roi Louis-Philippe. Ses vers sont rassemblés dans quatre volumes intitulés « Les Papillotes ». On y retrouve ses souvenirs d'enfance agenaise, des chansons patriotiques en référence aux événements qu'il a vécus, des récits sentimentaux. Lamartine l'appelle l'« Homère sensible et pathétique des prolétaires ».
En 1845, il reçoit la Légion d'honneur. En 1852 son travail est couronné par le Prix Monthyon et, en 1854, la ville de Toulouse l'admet à la Société des jeux floraux. Le 27 décembre 1856, le député d'Agen Henri Noubel lui offre, au nom de la ville, la « couronne du berceau » lors d'une émouvante cérémonie au grand séminaire.
Au cours de sa carrière de poète et de diseur, il a donné 12 000 séances donnant lieu à un million et demi de recettes pour les pauvres et les églises.
Ce « Troubadour de la Charité » dont la popularité et la célébrité furent immenses, a marqué la vie culturelle de son époque.
Il meurt à Agen le 5 octobre 1864.
Ayant redonné son lustre à la langue d'oc, sa statue est inaugurée (sur la place d'Agen qui porte son nom) le 12 mai 1870 en présence de Frédéric Mistral.

Bertrand-Prosper-Ferdinand Laulanié (1850-1906)
Fils d'un modeste maréchal-ferrant et vétérinaire empirique, Bertrand-Prosper-Ferdinand Laulanié est né à Agen le 25 septembre 1850. Il mène à la fois des études de médecine et des études vétérinaires. Après avoir été chef des travaux anatomiques à l'école d'Alfort en 1874, il est chargé en 1884 des cours d'anatomie générale et d'histologie à l'école de médecine de Toulouse. Il est nommé directeur de l'école vétérinaire de cette ville en 1888.
Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1892 et promu officier en 1905.
Sa santé précaire l'oblige à se retirer en Suisse, à Vevey, et c'est au bord du lac Léman qu'il meurt en 1906.

(Article rédigé à partir du site internet de la ville d'Agen et des documents du site LEONORE)


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