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Section du Lot et Garonne

Claude QUILLOTEAU
est un homme hors du commun : résistant à 15 ans, militaire à 18 ans, au Laos à 24 ans, se réorientant à 28 ans vers la justice militaire, soldat et homme de droit, il n'en a pas moins été toute sa vie une figure reconnue du monde des Arts et des Lettres, poète, sculpteur et écrivain.
Claude QUILLOTEAU est né le 24 avril 1929 à Rabat (Maroc), où son père militaire est en garnison. L'année suivante il rejoint la métropole, car son père est affecté à Tarbes (Hautes Pyrénées) au 2ème régiment de Hussards. Claude va ensuite habiter à Fourques-sur-Garonne (Lot-et-Garonne), pour avoir une vie plus stable. Il suit sa scolarité dans cette commune, puis au collège de Marmande.
En octobre 1943, alors qu'il se rend en vélo au collège comme tous les matins et qu'il gare sa bicyclette dans la grange de son grand-père à Marmande, sa vie bascule : il cache un résistant polonais fuyant devant la police allemande lui permettant ainsi d'échapper à un funeste destin. Signalé en Angleterre pour avoir protégé cet homme, il est enrôlé à l'âge de 15 ans dans la résistance polonaise en France (la P.O.W.N-W : Polska Organizacja Walki o Niepodleglosc), qui sera placée sous le commandement tactique des Forces françaises de l'intérieur (F.F.I.) en mai 1944. Intégré au sein d'un groupe de résistants dirigé par le Lieutenant Colonel Zdrojewski, dit «Daniel», il passe des messages au nez et à la barbe des Allemands qui le voient circuler tous les jours d'une rive à l'autre de la Garonne. C'est alors un des plus jeunes résistants de France.
La guerre étant finie, sa voie est toute tracée pour s'engager au service de la défense de la nation. En 1947, il suit la préparation militaire supérieure et entre à l'école militaire de Cherchell (Algérie). Ensuite il sert au 4ème régiment de tirailleurs tunisiens (Sousse, Zaghouan, Kairouan, Sfax).
En 1953, il est au 126ème régiment d'infanterie de Brive, devient élève officier et suit la formation des commandos Marine au sein des troupes de marine. Puis, toujours en 1953, il embarque sur le SS Pasteur, pour rejoindre l'état-major du commandement des forces terrestres au Laos où il travaille au 2 ème bureau. Il participe à la préparation de l'opération menée par la colonne du colonel de Crèvecoeur pour se porter au secours de Dien Bien Phu et qui réussit malgré tout à récupérer quelques survivants.
En 1954, il est en mission de liaison pour la Commission Internationale de cessez-le-feu, puis fait partie de la Commission Franco-Viet-Minh - Khang Khaï. En 1955, il quitte la base militaire de Saïgon et est affecté au CAR4 à Bordeaux puis au CM51 à Beauvais.
En 1957, il passe le concours de la justice militaire à Paris et en 1958, il est affecté au tribunal permanent des forces armées d'Oran en Algérie. En 1961, affecté au tribunal permanent des forces armées de Bordeaux, il est détaché au tribunal militaire du Fort de l'Est à Paris où siège la Cour de Sureté de l'Etat. En 1963, il rejoint la direction de la gendarmerie et de la justice militaire (DGJM) à Paris et est affecté en 1969 à l'Inspection technique du service de la justice militaire.
En 1973, il passe le concours du Centre d'enseignement militaire supérieur de la Gendarmerie à Maisons-Alfort et suit les cours de l'Institut de criminologie de la Faculté de droit de Paris.
En 1974, il est chef de la section justice, auprès du gouverneur militaire de Paris. En 1979, il est affecté au tribunal permanent des forces armées (TPFA) à Paris et détaché à la sous-direction des bureaux du Cabinet du Ministre de la Défense, puis en 1982 au Bureau «K» (chancellerie). Enfin, de 1986 à 1989, il est chef du «Centre administratif des personnels de la justice militaire» à Paris et est chargé de cours à l'Ecole des greffiers de Paris.

Parallèlement à cette carrière militaire dense, riche en rebondissements et en centres d'intérêts, il a oeuvré dans le domaine de la culture, consacrant aux Arts et aux Lettres la plus grande partie de ses loisirs. Partageant sa vie entre Paris et le Lot-et-Garonne où il avait son atelier, il a commencé à sculpter dès 1955.

C'est dans la sculpture qu'il affirme sa pleine maîtrise et la force de son inspiration. Travaillant le fer, il le plie à sa volonté, le brise, le fond et le fusionne avec ses instruments de prédilection : le chalumeau, le burin et l'arc électrique. Il en résulte « une sculpture intense dans sa matière et pourtant belle des lignes pures de sa construction ».
En 1956, il reçoit la médaille d'or de la Renaissance Française et du rayonnement culturel pour ses oeuvres remarquées. Il expose ses sculptures notamment à Sao Paulo en 1956, 1963 et 1987.
A partir de 1962, il participe à de nombreuses expositions à Paris et en province : galerie «Le soleil dans la tête», galerie «Gilson», Américan Art Center, Celtic Tavern, pavillons des Sablons, Vert antique, galerie Arnoux. Il participe aussi à divers salons parisiens : salon d'automne, salon des Indépendants, Grands et Jeunes d'aujourd'hui, Comparaisons.
Certaines de ses oeuvres ont été acquises par l'Etat, la Direction de l'Action Culturelle de Paris, la Direction des Affaires Culturelles d'Abidjan, les Musées d'art moderne de Paris et d'Abidjan, le musée d'Art de St Dié, le Musée des Beaux-Arts de Stuttgart
Ses oeuvres se retrouvent dans des collections à Paris, mais aussi aux Etats-Unis (New-York, Houston, Boise, Los Angeles, Santa-Monica, Miami), en Italie (Rome, Catanes, Bari, Trévise), au Mexique ( Puebla, Mexico), en Espagne (Madrid, Tolède)
En 1990, il obtient, au château de Versailles, un premier prix de sculpture au Salon régional des Armées. Sélectionné pour participer au Grand Prix National, c'est à l'unanimité du Jury que son « Samuraï » se voit couronné, au mois de septembre, par cette haute distinction.
Conseiller Honoraire du Collège des Beaux-Arts de Salamanque, il est membre correspondant des Académies Royales des Beaux-Arts de Saragosse et de Tolède. Il est «Maître» de l'Institut des Arts Plastiques de Puebla au Mexique. Les Académies de Bogota, de Lima, de Trévise, de Bari, de Naples et de Rome l'ont honoré, ainsi que beaucoup d'autres nations.
Il est titulaire de la Médaille d'Argent de la Ville de Bordeaux et de la Médaille de Vermeil de la ville de Paris.
Dans le domaine des Lettres, il est poète et nombre de ses poèmes sont repris dans diverses publications, notamment dans le Florilège de la Société des Auteurs et Poètes de la Francophonie (S.A.P.F.). L'Académie des Arts, Sciences et Lettres de Paris lui décerne la Médaille de Vermeil.
Il est Président honoraire de «La Renaissance Française» pour le Lot-et-Garonne.
Il a également grandement contribué au Devoir de mémoire en consacrant sa thèse de Doctorat de troisième cycle à «l'organisation militaire polonaise (P.O.W.) dans le dispositif général des Forces Françaises de l'Intérieur (F.F.I.)» et en consacrant un livre au «Général ZDROJEWSKI, un polonais au service de la France». Dans le prolongement de cette action mémorielle, il fait apposer une plaque à la mémoire de ce général sur un immeuble du 1er arrondissement de Paris avec le libellé suivant «Le général ZDROJEWSKI, dit Daniel, Chef militaire de la Résistance polonaise en France, a habité dans cette maison de 1945 à 1989».
Cinq de ses oeuvres littéraires sont répertoriées à la Bibliothèque nationale de France (BNF) : «Poèmes apodes» publiée en 1954, «L'Amour majeur» publiée en 1960 (oeuvre couronnée en 1961 par l'Académie française), «Flaques de sel» publiée en 1961, «Bernard Binlin Dadié» publiée en 1967, «Le général Antoine Zdrojewski, un polonais au service de la France» publiée en 2004, et deux documents auxquels il a participé en tant qu'illustrateur : «La journée merveilleuse» et «Les voix de l'Olympe» de René Galichet.
Très engagé dans la vie associative, il participe à de nombreuses associations françaises (l'association nationale des collaborateurs de ministres et parlementaires, l'association des officiers de carrière en retraite, l'association Croix de guerre et Valeur militaire, l'association des anciens combattants des services de renseignements (Fondation de la France Libre), l'association des anciens combattants franco-polonais, l'association des anciens combattants de la Résistance, l'association des écrivains combattants) et il est membre à vie du Salon national de l'Armée. Il est également membre de nombreuses associations étrangères (Académie royale de jurisprudence et de législation d'Espagne, Honorary attorney general du department of justice de l'état de Louisiane aux Etats-Unis, Grande médaille et Citation for Meritorious Services de l'American Legion, Centro de estudios historicos militares del Perù).

Chevalier de la Légion d'Honneur depuis 1985, Commandeur de l'Ordre National du Mérite depuis 2010, titulaire de la Médaille Militaire depuis 1964, de la croix de la Valeur Militaire depuis 1961, décoré de l'Ordre du Million d'éléphants Parasol blanc (à titre civil) en 1955, fait chevalier du Mérite Social en 1961 et du Mérite Agricole en 1976, titulaire de la Croix du Combattant Volontaire Indochine, de la Croix du Mérite avec glaives d'argent et de la Médaille de la Résistance polonaise en France, Claude QUILLOTEAU fait partie de ces «belles personnes» au parcours riche que compte la France et qui font référence au sein des membres de la Légion d'honneur.

«PETIT VILLAGE»

Petit village,
J'aime tes arbres cheveux épars
Lyres du vent, parfois volatils,
Contre eux, j'ai traduit le secret des oiseaux.
J'aime ta terre, ouverte et cicatrisée,
Tes racines en bouquet, chair fumante
Dans les cendres de la race
Que la graine libre enfante au coeur des cailloux,
J'aime ta rivière sabre luisant
Dans son fourreau de jonquilles,
J'aime tes vieux logis aux souvenirs entassés.
J'aime enfin ton seul clocher, crayon finement aiguisé
Qui de tout temps écrit dans le firmament,
L'étonnant poème des martinets...


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