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Section du Lot et Garonne

Éloge d'un grand soldat

Le général (2S) Michel GUILLERMET nous a quitté le 1er juillet 2018.

Michel GUILLERMET est né le 1er novembre 1924 à Poissons en Haute-Marne.
Il devient enfant de troupe à 11 ans à l'école d'Épinal, puis à celle d'Autun, connaissant les rigueurs de l'internat de 1936 à 1943.
Pour terminer ses études, il rejoint, en 1943, le Prytanée National Militaire dont les classes préparatoires viennent de se réinstaller à La Flèche, alors que les locaux de l'établissement sont en partie occupés par l'armée allemande.
Il y prépare le concours d'entrée à «HEC» car il n'est pas question d'afficher au sein du Prytanée une préparation à Saint-Cyr, interdite pendant l'Occupation. Quand survient le débarquement, les élèves sont renvoyés dans leurs foyers après avoir passé l'épreuve écrite de ce concours. Reçu à l'écrit, il ne se présente pas à l'oral ayant appris que le général de GAULLE refusait à Saint-Cyr les candidats qui n'avaient pas de titre de résistance à faire valoir...

Dès lors, il décide, le 4 janvier 1945, de souscrire un engagement de volontaire à la 9ème Division d'Infanterie Coloniale (9ème DIC) avec deux de ses amis, compagnons d'infortune. Sa Division est alors engagée dans les rudes combats de la bataille d'Alsace et de l'offensive en Allemagne. Elle est ainsi un des instruments déterminants de l'audacieuse manoeuvre qui, après avoir porté des unités jusqu'au Neckar, prendra à revers le Jura souabe, entraînant la désagrégation du front allemand.
En juillet 1945, il est admis à la 6ème série de l'École Militaire Inter Armes (EMIA), promotion «Victoire» qui s'inscrit en droite ligne dans le prolongement de l'école militaire de Cherchell. Il rejoint le camp de Coëtquidan, dans une école qui vient tout juste de s'installer dans la lande bretonne. C'est dans ce décor plutôt sévère et désolé du camp de Coëtquidan que, venant de tous les coins de France et d'Allemagne, les Saint-Cyriens et leurs camarades issus des Corps de troupe s'installent dès les premiers jours de juillet 1945 dans des baraques délabrées et insalubres, n'offrant que des installations précaires, sans le moindre confort... Cette promotion donne 1 746 officiers à la France dont 200 perdront la vie en Indochine.
Il est nommé aspirant en décembre 1945.
De 1946 à 1947, il suit les dix-huit mois de formation de l'école d'application de l'infanterie au camp d'Auvours dans la Sarthe.
Après un stage "guerre en jungle" à Fréjus, il rejoint le 8ème Bataillon d'Infanterie Coloniale (8ème BIC) à Nantes en juin 1947 et il est nommé sous-lieutenant le 10 de ce même mois.
Il effectue un premier séjour en Indochine de 1948 à 1950. Il sert au 1er Bataillon du 43ème Régiment d'Infanterie Coloniale (43ème RIC) comme chef de section, puis comme officier renseignement.
En décembre 1950, il rejoint le 1er Bataillon du 3ème Régiment d'Infanterie Coloniale (3ème RIC) à Maisons-Laffitte.
Muté à la 1ère Demi-Brigade Coloniale de Commandos Parachutistes (1ère DBCCP) à Vannes, il est breveté parachutiste et repart en Indochine en août 1951, accompagnant un groupement rappelé en renfort au Tonkin où les combats font rage.
Il est affecté au 8ème Bataillon de Parachutistes Coloniaux (8ème CIP) comme chef de section. Parachuté sur zone début octobre avec son bataillon, il participe aux violents combats de Nghia Lo qui durent plus d'une semaine et aboutissent au repli du Viet Minh. Il participe ensuite à la préparation de la bataille de Diên Biên Phu mais il rentre en France avant la chute du camp retranché.
Il se marie en janvier 1954.
Il est affecté au 3ème bureau de la Brigade Coloniale Parachutiste à Bayonne.
Capitaine en 1955, il est reçu au concours de l'école d'état-major (1955-1956). A l'issue il revient à l'état-major, bureau central, de la Brigade de Parachutistes Coloniaux.
De 1957 à 1959, il est affecté à Madagascar au 5ème Bataillon Parachutiste d'Infanterie de Marine (5ème BPIMa), en poste aéroporté, au 3ème bureau de la subdivision de Tananarive.
En 1959, il est affecté en Algérie comme commandant de la compagnie de commandement et des services, et officier logistique au 8ème Régiment de Parachutistes d'Infanterie de Marine (8ème RPIMa). Au moment du putsch d'Alger, son colonel entraîne le régiment, alors stationné dans les Aurès, du côté des putschistes. En 1961, le régiment est rapatrié à Nancy tous les officiers sont sanctionnés plus ou moins sévèrement et surtout se voient interdire de servir dans le corps des parachutistes.
Le capitaine Michel GUILLERMET est ainsi affecté en juillet au centre de formation d'instructeurs en combat rapproché à Montauban où sa famille le rejoint.
Chef de bataillon en 1964, il intègre la 78ème promotion de l'école de guerre à Paris, et il y suit les cours de 1964 à 1966.
A l'issue de cette formation de haut niveau, il est affecté, de 1966 à 1968, au 3ème bureau, section emploi, de l'état-major de la IIIème région militaire à Rennes.
De 1968 à 1970, il est au 1er Régiment d'Infanterie de Marine (1er RIMa) à Granville comme officier au bureau opération et instruction, puis comme officier supérieur adjoint.
Nommé lieutenant-colonel en 1969, il effectue un séjour, de 1970 à 1972, aux Antilles-Guyane, comme chef d'état-major du général commandant supérieur interarmées à Fort-de-France. C'est à cette occasion qu'il croise la route d'un autre futur président de la SMLH 47, le préfet KHRISSATE qu'il retrouvera quelques années plus tard en Lot-et-Garonne.
De 1972 à 1973, il est affecté à l'inspection des forces extérieures et des troupes de marine à Paris.
Nommé colonel en 1973, il reçoit le commandement du 3ème Régiment d'Infanterie de Marine de 1973 à 1975, régiment dont il est le 101ème chef de corps.
De 1975 à 1978, il retourne à l'inspection des forces extérieures et des troupes de marine comme sous-chef d'état-major puis comme chef d'état-major.
En 1978, il est affecté comme adjoint au général commandant la 9ème Division d'Infanterie de Marine (9ème DIMa) à Saint-Malo.
Il est nommé général de brigade en 1979.
En 1980, il est affecté à Caen comme général commandant la 32ème Division Militaire Territoriale (32ème DMT).
Il est admis en 2ème section des officiers généraux le 1er novembre 1982 après plus de quarante-six années passées sous l'uniforme, si l'on tient compte de ses années d'enfant de troupe...
Mais le général (2S) Michel GUILLERMET ne décroche pas complètement de sa vie active car il trouve aussi le temps de se consacrer à l'accompagnement des jeunes candidats à Saint-Cyr, veillant ainsi à passer le témoin aux nouvelles générations prêtes à se dévouer au service de la France.
La société des membres de la Légion d'honneur lui doit également une profonde reconnaissance car sans lui, nous ne serions peut-être pas là aujourd'hui. Il a en effet joué un rôle déterminant et consacré une énergie sans faille pour remettre sur pieds la section de Lot-et-Garonne dont il a ensuite assuré avec dynamisme et dévouement pendant 14 ans la présidence jusqu'en 1997, avant de passer le relais au général (2S) REVEILLON.
Il a également participé, avec le docteur AULONG, à la création de la Fédération des Anciens Combattants d'Outre-Mer (FACOM).
Les obsèques du général (2S) Michel GUILLERMET ont lieu à Artigues (Lot-et-Garonne) le vendredi 6 juillet et il est inhumé à Andelot (Haute Marne) le samedi 7 juillet 2018

Décorations:
- Commandeur de la Légion d'honneur,
- Officier de l'ordre national du mérite,
- Croix de guerre TOE avec cinq citations,
- Croix de la valeur militaire avec une citation,
- Croix du combattant,
- Croix du combattant volontaire,
- Médaille coloniale avec agrafe «Extrême-Orient»,
- Médaille commémorative 1939-1945 avec agrafe «Allemagne»,
- Médaille commémorative d'Indochine,
- Médaille commémorative d'Afrique du Nord,
- Chevalier de l'ordre du mérite civil Taï des Sip Hoc Chau,
- Commandeur de l'ordre national ivoirien.


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