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Section du Lot et Garonne

Photographie de la dernière activité

Notre compagnon Lucien BARON est décédé le 23 juin 2018 dans sa 95ème année.

C'est à ROUEN, le 27 novembre 1922, que Lucien vit le jour, il vécut à PARIS une jeunesse heureuse jusqu'à ses 18 ans.
Puis en septembre 1939 c'est la déclaration de guerre, un moment difficile et angoissant pour ses parents qui ont déjà connu la Grande Guerre.
En juin 1940, c'est l'exode, on emporte tout ce que l'on peut et c'est le repli dans le midi, à Béziers où se trouve de la famille. Le temps de s'organiser et c'est l'installation à Lézignan-Corbières dans une propriété viticole.
En Mars 1942, pour Lucien, c'est le départ pour « Jeunesse et Montagne » des groupements créés lors de l'armistice de 1940 par des officiers de l'Armée de l'Air qui refusaient de se résigner et souhaitaient préserver un potentiel humain intact. Notre compagnon Lucien BARON dira par la suite que c'est grâce à cette condition physique acquise au sein de ces groupements qu'il a survécu.
En Novembre 1942, il est renvoyé dans ses foyers à Lézignan il a 20 ans.
Arrive alors une convocation de la Mairie pour se préparer en vue de partir au Service du Travail Obligatoire en Allemagne (STO).
Dès cet instant, il prend la décision d'être réfractaire et part de Lézignan, il essaie par deux fois de passer en Espagne, puis de partir en Angleterre, mais toutes les tentatives échouent.
En Mars 1943, direction Millau où la encore, il a de la famille éloignée qui pourra l'aider à entrer dans la résistance. C'est donc à Millau, puis à Roquefort, à Sainte-Affrique et à la Couvertoirade, ce village fortifié des Templiers sur le Larzac, qu'il participe à la Résistance avec une quinzaine de jeunes sous ses ordres.
Le 10 mars 1944, sur dénonciation, c'est l'arrestation, il est remis à la Gestapo. Après trois interrogatoires musclés, torturé à la prison de Rodez, il est condamné à mort.
Fin mars/début avril, pour des raisons qu'il ignore, la cellule s'ouvre un matin, il est menotté à un autre détenu (un lieutenant de gendarmerie responsable de la brigade de Villefranche de Rouergue, également arrêté pour faits de résistance). Ils sont tout deux convoyés de Rodez à Compiègne, au camp de Royallieu (au total, 28 grands convois sont partis de Compiègne emportant 40 000 personnes vers les camps nazis, dont la moitié ne sont pas revenues selon le site http://www.memorial-compiegne.fr).
Le 23 mai 1944 c'est le départ pour le camp de concentration de Neuengamme (au nord ouest de Hambourg). Arrivé à l'issue d'un voyage épuisant de 4 jours et 4 nuits debout, c'est le début d'une année de grandes souffrances et de privations dans ce camp où il devient le n° 31455, ce camp où sont recensés 55 000 morts sur les 106 000 personnes qui y furent internées.
Le 2 mai 1945, c'est enfin la libération par l'Armée américaine, et le retour en plusieurs jours à Paris à l'hôtel « Lutétia » où sont réceptionnés tous les déportés et où il retrouve sa famille.
Pour Lucien qui a 23 ans, c'est le retour à la vie civile. Travailleur indépendant, il exerce le métier de négociant importateur dans le domaine des fruits et légumes, acheminant les marchandises en provenance du Maroc, des ports de Dieppe et Rouen vers les Halles de Paris.
Cette activité avec le Maroc l'occupant seulement 6 mois de l'année, il découvre Marmande où il exerce pendant les 6 mois restant le négoce de la tomate puis du melon et de la fraise, avec le Cadran Marmandais, toujours en direction des Halles parisiennes.
En 1983, c'est l'installation totale à Marmande, puis le début d'une retraite bien méritée.
Il se consacre alors à un travail de mémoire avec les associations de Déportés Internés Résistants, c'est ainsi qu'il devient, après le décès d'un autre déporté monsieur Max HUBERT, Président de la FNDIR du Lot-et-Garonne. C'est à ce titre qu'il intervient auprès des collégiens du département pour raconter ce parcours de déporté, pour témoigner de sa propre expérience, et perpétuer la mémoire de ses camarades.

Lucien BARON était Chevalier de la Légion d'honneur, Médaillé militaire, titulaire de la Croix de guerre 39-45 avec palme, de la Croix du combattant volontaire de la résistance, de la Médaille de la déportation et internés résistants, de la Croix de la France libérée et de la Croix du combattant.


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